Rémy TENNERONI, 37 ans, originaire de Corse du Sud, est auteur, comédien et fondateur de la Compagnie Un100dit.

 

De formation initiale en S.T.A.P.S. option enseignement, il s’est ensuite dirigé vers la formation professionnelle en tant que  formateur dans un institut appartenant au mouvement d’Education Populaire. Validant par la suite un master 1 recherches en Sciences de l’Education et de la Formation, il s’est intéressé à la compétence collective. La somme de ces expériences associée à une pratique théâtrale amateur puis professionnelle a débouché quelques années plus tard sur la création de la compagnie Un100dit.

 

Touché par des auteurs à vif tels que Liddell, Mouawad, Kane, il prend sa place de dramaturge et de scénariste dans un travail sur l’homme et ses ruptures : ces creux qui témoignent de la complexité de la nature humaine. Inscrit dans le sang est dans cette veine, tout comme Animal de ville (Avignon Off 2014 Théâtre de la Rotonde), décrivant les pulsions, les sensations, les envies de SDF ; Le prince de nulle part ou la naissance d’un tyran qui aborde les mécanismes du pouvoir ; Pupilles de la nature (Avignon Off 2015 Théâtre du Tremplin) questionnant les médias de masse et cette capacité à vendre l’héroïsme des criminels et la victimisation des disparues. Ce dramaturge fortement influencé par Artaud, utilise une langue organique, cruelle et rythmée, pour défendre un théâtre physique et subversif. C’est encore le cas dans sa pièce Kamikazes, où deux jeunes en déshérence sociale décident de se faire sauter pour exister ou dans L’être sensible inspiré de Van Gogh le suicidé de la société (Artaud, 1947).

 

Au fil donc de rencontres, d'univers croisés, Rémy Tenneroni s'est essayé à la nouvelle, la poésie, à l'expérience particulière du scénario, qui en-dehors des espaces dialogués laisse place à la projection d'un univers mental sur pellicule, et tout dernièrement -et comme fatalement- le théâtre. L'écriture d'aujourd'hui se nourrit de celles d'hier.

Ainsi la prégnance de la poésie se retrouve dans le recours à l'image qui implique le lecteur-spectateur comme autant de petites fabriques de l'imaginaire. Ce dernier est amené à créer, avec toute la crudité parfois de la langue de l'auteur, son propre espace de représentation.

 

Le lecteur-spectateur est placé dans une démarche active : les jeux de mots désarçonnent et offrent une nouvelle voie d'interprétation. La richesse renouvelée des signifiants repose aussi sur l'association de mots, telle que la pratiquaient les surréalistes, conduisant parfois à des logorrhées où pourrait se briser le souffle du comédien. Car c'est là une composante essentielle, Rémy Tenneroni est comédien, il écrit donc à "voix haute", il écrit dans le souffle de l'acteur. Le texte est la matière première que des corps vont transcrire, mâcher, digérer, vomir ou transcender. Le rythme, certes poétique, est ici dicté par la physicalité de l'écriture théâtrale.

Écoutez cette voix poétique, crue parfois aussi, cette voix singulière qui cherche à ouvrir une brèche pour que s'instaure le dialogue.

Ses pièces :

 

Résistances  Un, deux, trois, juin 2016

Promesse de sang, mars 2016

L'être sensible, décembre 2015

Kamikazes, décembre 2014

Pupilles de la nature, mai 2014

A corps de texte,  août 2013

Inscrit dans le sang, juillet 2013 publiée en janvier 2016 aux Editions Colonna

Animal de ville, février 2013 publiée en partie dans la revue littéraire La main Millénaire

Le prince de Nulle part ou la naissance d’un Tyran, décembre 2012

Paroles d’hommes…aux hommes, février 2012